Contexte
Les sécheurs industriels sont des postes thermiques majeurs. Ils nécessitent une production d’air chaud fiable, stable et adaptée aux contraintes du produit.
Lorsque ces équipements sont alimentés au fuel lourd, plusieurs limites apparaissent : émissions atmosphériques plus élevées, maintenance plus lourde, contraintes de stockage combustible, équipements vieillissants et pression réglementaire accrue.
Sur le site étudié, l’objectif était de convertir plusieurs sécheurs vers une alimentation gaz, sans dégrader la disponibilité de production ni la maîtrise du procédé.

Notre méthodologie
Exergia a d’abord caractérisé les sécheurs existants : puissances thermiques, températures de fonctionnement, profils de marche, contraintes procédé et limites d’intégration.
Cette analyse a servi à construire un cahier des charges technique pour consulter les fournisseurs sur une base homogène. L’objectif était de comparer des solutions compatibles avec les besoins réels du procédé, et pas uniquement des offres de remplacement d’équipement.
Le travail a porté sur plusieurs points clés :
- la puissance réellement nécessaire ;
- la plage de modulation des brûleurs ;
- les contraintes d’air de combustion et de dilution ;
- l’intégration mécanique sur les sécheurs existants ;
- les contraintes gaz et ATEX ;
- les émissions atmosphériques ;
- les automatismes et sécurités ;
- les impacts sur les arrêts de production.
Solution développée
Exergia a accompagné la conversion des systèmes de chauffe vers des brûleurs gaz adaptés aux conditions du procédé.
La mission a couvert :
- l’audit thermique et massique des sécheurs ;
- l’analyse des contraintes gaz, ATEX et émissions ;
- la rédaction du cahier des charges brûleur ;
- la consultation fournisseurs ;
- l’analyse technique des offres ;
- la validation des interfaces avec les installations existantes ;
- la participation à l’analyse HAZOP ;
- l’accompagnement technique du projet.
Le brûleur a été traité comme un élément intégré au procédé de séchage, et non comme un simple équipement interchangeable.
Cette approche a permis de cadrer les responsabilités entre fournisseur, intégrateur et exploitant : limites de fourniture, interfaces mécaniques, raccordement gaz, automatismes, sécurités et conditions de mise en service.
Résultats
Le projet permet de substituer environ 49 GWh/an de fuel lourd par du gaz.
L’impact estimé est de 6 ktCO₂/an évitées, pour un investissement de l’ordre de 1 M€.
Au-delà du gain CO₂, la conversion permet aussi :
- de réduire les émissions atmosphériques locales ;
- de simplifier l’exploitation combustible ;
- de moderniser les équipements de chauffe ;
- de clarifier les exigences de sécurité gaz ;
- de cadrer les interfaces entre procédé, fournisseur et exploitant.
L’étude a permis de sécuriser les choix techniques avant commande : puissance, modulation, implantation, automatismes, ATEX, HAZOP, raccordement gaz et limites de fourniture.
Ce que montre ce projet
Convertir un sécheur industriel du fuel lourd vers le gaz ne se résume pas à remplacer un brûleur.
Le brûleur influence directement le procédé : température d’air, stabilité de chauffe, homogénéité du séchage, émissions, sécurité et maintenance.
La réussite du projet dépend donc d’un cadrage technique précis avant consultation fournisseur et avant investissement.
FAQ
Pourquoi convertir un sécheur fuel lourd vers le gaz ?
Pour réduire les émissions atmosphériques, diminuer les émissions de CO₂ par unité d’énergie utile, simplifier l’exploitation combustible et moderniser les équipements de chauffe.
Le gaz est-il une solution de décarbonation complète ?
Non. Le gaz reste un combustible fossile. Dans ce type de projet, il s’agit d’une réduction d’impact et d’une modernisation énergétique, pas d’une décarbonation complète.
Pourquoi ne pas électrifier directement le sécheur ?
L’électrification dépend de la température d’air requise, de la puissance appelée, de la capacité électrique disponible, du coût de l’électricité et de la compatibilité avec le procédé. Elle doit être étudiée au cas par cas.
Le remplacement du brûleur suffit-il ?
Non. Il faut aussi vérifier l’alimentation gaz, les sécurités, les zones ATEX, la régulation, l’implantation, les émissions et les interfaces avec le sécheur.
Pourquoi réaliser une analyse HAZOP ?
Parce qu’un changement de combustible modifie les risques de l’installation. L’HAZOP permet de vérifier les scénarios dangereux, les sécurités prévues et les conditions d’exploitation.