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Financement européen

Innovation Fund Heat Auction 2026 : financer la chaleur industrielle décarbonée

L'Innovation Fund Heat Auction n'est pas un subside d'investissement classique. C'est un soutien au résultat : des MWh de chaleur bas-carbone réellement produits, mesurés et vérifiés, payés pendant cinq ans. Les règles finales IF26, publiées le 24 septembre 2026, ouvrent un nouveau panier à 80-100 °C et récompensent les pompes à chaleur industrielles et la recompression mécanique de vapeur par un bonus de classement.

IF25
2 projets sélectionnés
Soutien
~10 M€
Préparation
IF26

Financer l'électrification de la chaleur industrielle

L'Innovation Fund Heat Auction est un mécanisme européen d'enchères destiné à soutenir la production de chaleur de procédé bas-carbone dans l'industrie. Son principe diffère d'un subside d'investissement classique : l'aide n'est pas versée parce qu'un industriel achète une technologie décarbonée, mais parce que son installation produit réellement de la chaleur bas-carbone, mesurée et vérifiée. C'est un subside au résultat.

Pour un site industriel, cette logique change la manière de monter un projet. Savoir si une technologie est éligible ne suffit pas. Il faut démontrer que l'installation produira des MWh de chaleur utile, au bon niveau de température, avec une disponibilité suffisante, une mesure fiable et un coût de production assez bas pour gagner l'enchère.

Dans ce cadre, les solutions efficaces comme les pompes à chaleur industrielles et la recompression mécanique de vapeur partent avec un avantage. Elles produisent plusieurs MWh de chaleur utile à partir d'un MWh électrique, en valorisant une chaleur fatale, une vapeur déjà présente dans le procédé ou un écart de température exploitable. L'enjeu n'est donc pas seulement de remplacer le gaz par de l'électricité, mais de produire le maximum de chaleur bas-carbone utile avec le minimum d'énergie achetée.

IF25 : deux dossiers accompagnés, deux projets sélectionnés

Équipe Exergia consultant les résultats de l'Innovation Fund Heat Auction IF25 pour des projets de décarbonation industrielle.
Découverte des résultats IF25 Heat Auction en équipe : deux projets accompagnés par Exergia, deux projets sélectionnés.

2 projets soumis 2 projets sélectionnés ~10 M€ obtenus

La première Heat Auction européenne, clôturée en février 2026, a confirmé l'intérêt du mécanisme. Sur 85 offres reçues, 65 projets industriels ont été retenus pour la préparation d'un Grant Agreement, pour 397 M€ demandés sur un budget disponible de 1 Md€. Six projets belges ont été sélectionnés, ce qui place la Belgique au troisième rang européen en nombre de projets. Selon la Commission, c'est surtout le manque de temps de préparation qui a limité le nombre de candidatures.

Exergia a accompagné deux dossiers industriels, tous deux sélectionnés : AGC Glass Europe et GSK Wavre. Avant la soumission, d'autres projets avaient été analysés et n'ont pas été déposés, pour des raisons très concrètes : board non aligné, délais trop courts, autre subside obtenu, maturité insuffisante ou risque jugé trop élevé.

Les dossiers retenus sont ceux qui ont pu démontrer un projet solide : procédé compris, solution technique cohérente, CapEx challengé, OpEx modélisé, chaleur produite et mesurable, planning crédible et stratégie de prix réaliste. C'est cette expérience qu'Exergia mobilise pour préparer les dossiers IF26.

IF26 : ce que disent les règles finales

La Commission européenne a publié le 24 septembre 2026 les Terms & Conditions finales (version 1.0) de la deuxième Heat Auction, après une consultation publique tenue en mai et juin 2026. Elles remplacent les draft Terms & Conditions du 22 mai 2026. Seuls les documents de l'appel, attendus en décembre 2026, engageront la Commission et feront foi en cas de divergence, mais ils doivent reprendre ces règles finales.

Le budget reste de 1 Md€. Il est désormais réparti entre trois paniers de température, contre deux dans le projet de mai, et les reliquats non utilisés d'un panier peuvent être transférés vers un autre.

PanierTempérature mesuréeBudgetCapacité minimaleAide maximale par offrePrix plafond
Basse température (nouveau)80 à 100 °C100 M€5 MW100 M€400 €/tCO₂
Moyenne température100 à 400 °C600 M€3 MW100 M€400 €/tCO₂
Haute températureau-delà de 400 °C300 M€3 MW250 M€800 €/tCO₂

Le soutien prend la forme d'une prime fixe, non indexée, versée sur chaque MWh de chaleur produite par la nouvelle installation. Il court pendant cinq ans à partir de l'entrée en opération. La température qui détermine le panier est celle mesurée en sortie de l'unité de production, en moyenne pondérée par le flux de chaleur sur chaque période de reporting : un projet qui dérive sous le seuil de son panier perd le soutien pour la période concernée.

Un subside au résultat, pas une aide sur promesse

La Heat Auction rémunère un résultat industriel : de la chaleur bas-carbone produite et utilisée dans le procédé. Un projet n'est pas soutenu parce qu'il installe une chaudière électrique, une pompe à chaleur ou une recompression mécanique de vapeur. Il l'est parce que cette installation produit une chaleur admissible, utile au procédé, mesurée et vérifiée par un tiers indépendant.

Les règles finales précisent la manière de mesurer. Les pompes à chaleur, la RMV et la chaleur renouvelable directe doivent mesurer directement le flux de chaleur, avec un compteur d'énergie thermique sur le fluide caloporteur et une mesure simultanée de la température. Les résistances, l'induction, le chauffage diélectrique ou le plasma peuvent passer par une mesure indirecte : la chaleur est alors comptée à 100 % de l'électricité consommée par l'unité, avec une mesure de température adaptée. Dans les deux cas, le suivi doit s'inscrire dans un système de management conforme à EMAS ou à l'ISO 50001, et les compteurs doivent être étalonnés en conséquence.

Cela impose de raisonner très tôt en performance réelle. Combien de chaleur sera produite chaque année, à quelle température, avec quel taux de disponibilité et sur quel profil de fonctionnement ? Quels arrêts process ou quelles maintenances limiteront les volumes ? Pour un industriel, c'est une contrainte. C'est aussi une opportunité, car les projets bien intégrés, bien instrumentés et réellement performants sont ceux qui encaissent le soutien prévu.

Quels projets sont éligibles ?

L'enchère vise la chaleur de procédé industrielle : vapeur, air chaud, eau chaude process, huile thermique, fours, séchage, évaporation, concentration ou réactions thermiques. Les technologies admises sont les pompes à chaleur industrielles, y compris la RMV et les transformateurs thermochimiques, les résistances directes ou indirectes, y compris le stockage thermique, les chaudières électriques, l'induction, le chauffage diélectrique et le plasma, le solaire thermique, la géothermie, le nucléaire innovant et les projets hybrides combinant ces solutions. Un projet qui n'électrifie qu'une partie de la production de chaleur, à côté d'une installation fossile existante, reste éligible pour la part électrifiée.

Sont exclus le chauffage de bâtiments, la vente de chaleur à un réseau de chaleur, la biomasse, l'hydrogène pour produire de la chaleur, l'électrolyse, les fours à arc pour l'acier et la production de carburants à partir de matières premières fossiles non recyclées. Le froid n'est pas rémunéré : une pompe à chaleur qui produit à la fois du chaud et du froid n'est comptée qu'en mode chaud.

Les seuils sont désormais précis. La nouvelle capacité thermique doit atteindre au moins 3 MW, ou 5 MW dans le panier basse température, et le CapEx du projet au moins 2,5 M€. Elle doit être installée sur un seul site : plusieurs unités peuvent y être combinées, mais la mutualisation virtuelle entre sites est interdite. Le projet ne peut pas installer de nouvelle capacité fossile dans la même installation, les fours verriers étant exemptés pour des raisons techniques et de sécurité.

Enfin, les travaux ne doivent pas avoir commencé au moment du dépôt. La Commission retient comme début des travaux le premier engagement ferme qui rend l'investissement irréversible, typiquement une commande d'équipement ou le lancement du chantier. L'achat d'un terrain, les études de faisabilité, l'obtention des permis et les démarches de raccordement au réseau ne comptent pas.

Le panier basse température : une porte ouverte aux pompes à chaleur

C'est la nouveauté la plus structurante pour l'industrie belge. Entre 80 et 100 °C, on trouve une large part des besoins de l'agroalimentaire, de la pharmacie, de la chimie fine ou du papier : lavage, pasteurisation, préchauffage, séchage basse température, boucles d'eau chaude process issues d'un desteaming. Ces besoins étaient hors champ de l'IF25.

Le panier est réservé aux projets d'au moins 5 MW qui utilisent une pompe à chaleur de COP supérieur à 1,5, de la chaleur renouvelable directe ou de la chaleur nucléaire, ou un hybride de ces technologies. Les chaudières électriques et les résistances n'y sont pas admises. Le budget, 100 M€, est limité, et la concurrence se jouera entre projets de même nature.

Pour une pompe à chaleur, la source froide fait partie de l'éligibilité. La chaleur fatale d'un procédé industriel ou d'un data center est admise, tout comme la chaleur de l'environnement. La chaleur fatale d'une production d'électricité ou d'une cogénération ne l'est pas, et préchauffer la source avec un combustible fossile rend le projet inéligible. Le bénéficiaire qui valorise une chaleur fatale doit être certifié EMAS ou ISO 50001, et l'étude de faisabilité doit prouver que la source répond à la définition de la chaleur fatale de la directive (UE) 2018/2001.

Comment le prix est calculé et classé

L'industriel ne soumet pas directement un prix à la tonne de CO₂. Il indique la prime demandée par MWh de chaleur produite, la capacité thermique installée et le volume annuel moyen de chaleur attendu. Le formulaire convertit ensuite cette prime en prix par tonne de CO₂ évitée avec un facteur unique : 0,224 tCO₂/MWh, qui correspond au gaz naturel brûlé avec un rendement de 90 %. Concrètement, 1 €/MWh demandé équivaut à environ 4,46 €/tCO₂, et le plafond de 400 €/tCO₂ correspond à une prime d'environ 90 €/MWh.

Le montant maximal de l'aide est égal à la prime demandée multipliée par le volume annuel de chaleur et par cinq ans. C'est ce montant qui doit rentrer dans le budget du panier, et c'est sur lui que se calculent la garantie et le plafond par offre.

La procédure se déroule en une seule étape. Les offres admissibles et éligibles sont classées du prix le plus bas au plus élevé, après application d'un éventuel bonus. Celles dont le montant maximal tient dans le budget du panier sont ensuite évaluées, sur une base réussite ou échec, sur leur pertinence et leur maturité technique, financière et opérationnelle. L'enchère est pay-as-bid : chaque projet sélectionné reçoit la prime qu'il a demandée. En cas d'égalité, la priorité va à l'offre de plus petit montant, puis au consortium comprenant une PME, puis au pays ayant reçu le moins de fonds de l'Innovation Fund.

Un dossier trop cher ne passe pas le classement. Un dossier immature est écarté à l'évaluation de qualité, même s'il était bien classé. Un dossier trop bas améliore son classement, mais réduit la couverture du surcoût réel du projet pendant cinq ans. Le bon prix ne se devine pas : il dépend du volume de chaleur, du COP ou du rendement, du CapEx, de l'OpEx, des prix de l'énergie, du coût du capital et des risques de mise en œuvre.

Pourquoi l'efficacité devient un avantage compétitif

Une chaudière électrique transforme environ 1 MWh d'électricité en 1 MWh de chaleur utile. C'est une solution simple et mature, parfois la bonne lorsque le besoin est flexible, que la température est élevée ou que l'intégration process est limitée. Son coût d'exploitation reste toutefois directement lié au prix de l'électricité, ce qui pèse sur la prime nécessaire.

Une pompe à chaleur industrielle produit plusieurs MWh de chaleur utile à partir d'un seul MWh électrique, en valorisant une source de chaleur fatale ou basse température. Son intérêt dépend du COP réellement atteignable, donc de l'écart entre la source et le besoin, de la disponibilité de la source et du profil d'exploitation. La recompression mécanique de vapeur va plus loin dans certains procédés d'évaporation, de concentration ou de séchage : elle recycle une vapeur déjà présente et la remonte à un niveau de température utile, avec une consommation électrique limitée.

Dans l'enchère, cette efficacité joue deux fois. Elle réduit l'OpEx, donc la prime à demander pour couvrir le surcoût face au gaz. Et elle ouvre l'accès au bonus de classement décrit ci-dessous. Les technologies les plus efficaces ne servent donc pas seulement à réduire les émissions : elles rendent le dossier plus compétitif.

Le bonus de classement : 25 % pour les projets flexibles ou très efficaces

L'IF26 introduit un bonus de 25 % sur le prix de classement. Un projet qui demande 100 €/tCO₂ est classé comme s'il en demandait 75, mais il reste payé sur la base de 100 €/tCO₂ s'il est sélectionné. L'objectif de la Commission est de favoriser les projets qui limitent la consommation d'électricité aux heures de pointe, et donc la pression sur le réseau.

Pour y prétendre, le projet doit démontrer au moins l'une des conditions suivantes :

  • un nouveau stockage électrique ou thermique, sur site ou hors site, capable de couvrir 20 % de la consommation électrique du projet ou de sa demande de chaleur pendant 4 heures, activable en 1 heure ;
  • une pompe à chaleur ou une RMV de COP d'au moins 1,5, en moyenne si plusieurs machines sont installées ;
  • de la chaleur renouvelable directe, solaire thermique ou géothermie, ou de la chaleur nucléaire.

Les hybrides demandent de l'attention. Une pompe à chaleur associée à une chaudière électrique n'est pas considérée comme un projet de pompe à chaleur : elle n'a droit au bonus que si elle intègre un stockage conforme. Le même raisonnement s'applique à un solaire thermique hybridé avec une chaudière électrique.

Le bonus a un second effet, souvent sous-estimé. Sans bonus, la chaleur subventionnée est plafonnée à l'équivalent de 70 % des heures de l'année à capacité nominale, soit environ 6 100 heures. Avec le bonus, ce plafond disparaît, ce qui compte pour un procédé qui tourne en continu. Le choix se fait au dépôt de l'offre et doit être prouvé à l'entrée en opération, par le rapport de réception signé par le bénéficiaire et ses principaux contractants. Un bonus revendiqué mais non démontré expose à la résiliation du Grant Agreement et à l'appel de la garantie.

Cumul avec d'autres aides publiques

La règle de base est stricte : aucune autre aide publique ne peut porter sur le CapEx ou l'OpEx du projet financé par l'enchère, sauf dans les cas explicitement autorisés. Une auto-déclaration est demandée au dépôt, par laquelle le candidat s'engage à ne se trouver dans aucun cas de cumul exclu au moment de la signature du Grant Agreement. Le respect de cette règle est ensuite confirmé dans chaque rapport de paiement.

Non autoriséAutorisé
Subside régional ou national à l'investissement ou à l'exploitation sur le même périmètreAides antérieures aux phases de développement : recherche, faisabilité, FEED
Réductions de taxes ou de prélèvements électriques constitutives d'aide d'État, hors point 403 des CEEAGAides passées à une capacité qui ne fait pas partie de l'offre
Aides au prix de l'électricité approuvées au titre de la section 4.5 du CISAFCompensation des coûts indirects ETS, sous conditions et avec comptage électrique dédié
Régimes qui rémunèrent le même CO₂ évitéRéductions de prélèvements relevant de la section 4.11 des CEEAG, pour l'enchère 2026 uniquement

Sont également autorisées les aides aux infrastructures énergétiques non dédiées au projet, les aides reçues par les fournisseurs d'équipements, par les producteurs d'électricité qui alimentent le projet ou par les clients aval, ainsi que la participation à des mécanismes de flexibilité tant que le stockage exigé pour le bonus n'est pas rémunéré comme nouvelle capacité. Les mesures qui ne sont pas des aides d'État, comme les certificats blancs ou les tarifs de réseau reflétant les coûts, sortent du champ de ces règles.

En pratique, une étude de faisabilité subsidiée ne bloque pas la candidature, mais un subside wallon à l'investissement sur le même équipement oblige à choisir. Il faut donc cartographier tôt les aides existantes et prévues, et comparer les voies de financement avant de s'engager. Exergia vérifie cette compatibilité avec vous avant le choix de la voie de financement.

Les engagements après sélection

La sélection ouvre une phase d'exécution encadrée par des jalons stricts, désormais identiques pour les trois paniers. À partir de la signature du Grant Agreement, le projet dispose de 2,5 ans pour atteindre son closing financier, c'est-à-dire démontrer que tous les contrats sont signés et leurs conditions remplies, et de 5 ans pour entrer en opération avec au moins 100 % de la capacité et du niveau de température annoncés dans l'offre. Le projet de mai prévoyait des délais plus courts pour la moyenne température : ce n'est plus le cas.

Une garantie de bonne fin couvrant 6 % du montant maximal de l'aide est exigée. Une lettre d'intention bancaire, selon un modèle imposé et non modifiable, doit être jointe au dépôt, et la garantie elle-même doit être émise dans les deux mois suivant l'invitation à préparer le Grant Agreement, par une banque de l'EEE notée au moins BBB- ou équivalent. Elle reste valable jusqu'à six mois après la date limite d'entrée en opération, soit près de six ans. Elle est appelée si le closing financier ou l'entrée en opération ne sont pas atteints dans les délais.

Une fois en opération, les versements sont annuels, ou semestriels pour un consortium comprenant une PME, et calculés sur la chaleur mesurée et vérifiée. La production d'une année peut monter jusqu'à 140 % du rythme prévu, mais l'aide totale reste plafonnée au montant maximal. À l'inverse, si la production tombe en moyenne sous 30 % du volume annoncé sur trois années glissantes, l'aide peut être réduite ou le Grant Agreement résilié.

La transparence fait aussi partie du contrat. Pour les projets retenus, la Commission publie le prix d'offre, le nom du projet et du coordinateur, la capacité, les volumes de chaleur et de CO₂ évité ainsi que le secteur. Un industriel attentif à la confidentialité doit le savoir avant de déposer.

Ce qu'il faut préparer pour candidater

Une candidature ne se limite pas à remplir des formulaires. Les documents obligatoires comprennent les formulaires A, B et C, le fichier financier qui porte le calcul de l'offre, un planning de type Gantt, une étude de faisabilité, une stratégie de permis et d'autorisations, la lettre d'intention bancaire et des preuves de fonds propres et d'approvisionnement en équipements. L'étude de faisabilité est le document pivot : description du projet et des équipements avec leur coût, idéalement appuyé sur des offres fournisseurs, production de chaleur attendue, organisation, planning et analyse de risques.

L'IF26 allège un point : les lettres d'intention des fournisseurs d'électricité et des acheteurs de chaleur ne sont plus exigées lorsque la chaleur est consommée sur place. Elles sont remplacées par une description de la stratégie d'approvisionnement électrique et, le cas échéant, de la stratégie de vente de chaleur. Si le projet dépend du réseau, il doit en revanche démontrer de manière crédible que le raccordement, y compris la capacité supplémentaire nécessaire, sera sécurisé à l'entrée en opération. Les projets d'au moins 5 MW doivent aussi décrire leurs mesures de cybersécurité.

Sur le plan technique, cela suppose de décrire le procédé, les profils de charge, le périmètre de chaleur admissible, la technologie retenue, le dimensionnement et le schéma de mesure. Sur le plan financier, il faut un modèle technico-économique robuste : CapEx, OpEx, prix de l'énergie, coût du capital, prime demandée et sensibilité aux volumes produits. Sur le plan opérationnel, il faut démontrer la maturité du projet : travaux non commencés, planning, permis, raccordement, organisation projet et capacité de suivi de performance.

Comment Exergia accompagne

Exergia intervient sur la partie la plus critique d'un projet de chaleur industrielle : transformer une idée d'électrification en production réelle, mesurable et compétitive de chaleur bas-carbone. Notre accompagnement se déroule en trois temps.

Nous évaluons d'abord l'éligibilité du projet et ses chances de succès : besoin thermique, panier de température, technologie, capacité, source de chaleur fatale, potentiel de CO₂ évité, compatibilité avec les aides existantes et risques d'intégration. Nous comparons ensuite les architectures possibles, car une pompe à chaleur ou une RMV peut produire beaucoup plus de chaleur utile qu'une chaudière électrique pour la même consommation, avec un effet direct sur le prix de soumission et sur l'accès au bonus.

Nous construisons ensuite, avec Schuman Associates, un dossier compétitif : modèle énergétique, volume annuel de chaleur, dimensionnement, CapEx, OpEx, prix de soumission, étude de faisabilité, formulaires, annexes et planning. Exergia apporte l'expertise du procédé industriel, Schuman Associates la maîtrise du processus européen, de la conformité et de l'interface avec la Commission.

Après sélection, nous aidons à sécuriser la mise en œuvre : système de mesure conforme ISO 50001, suivi de performance, respect des obligations contractuelles et justification de la chaleur produite à chaque demande de paiement. L'objectif n'est pas de promettre un financement, mais de rendre le projet assez solide pour produire la chaleur annoncée, défendre un prix compétitif et tenir ses engagements pendant cinq ans.

Retour client IF25 : AGC Glass Europe

Lors de l'IF25 Heat Auction, Exergia et Schuman Associates ont accompagné AGC Glass Europe dans la préparation d'un dossier d'électrification de chaleur de procédé.

« Notre succès dans l'appel IF25 Heat Auction a été largement soutenu par notre partenariat avec Exergia et Schuman Associates.

De l'étude d'éligibilité jusqu'à la soumission finale, leurs expertises combinées ont été décisives.

Exergia a apporté un éclairage technique essentiel et une compréhension rapide des enjeux du projet, tandis que Schuman Associates a assuré une gestion rigoureuse du processus européen, du planning et des échéances jusqu'aux aspects de suivi opérationnel et de structuration financière.

La complémentarité entre l'expertise technique d'Exergia et la maîtrise du processus européen par Schuman Associates a été l'une des clés de notre succès.

Nous recommandons vivement leur accompagnement. »

Antonella Contino, AGC Glass Europe Témoignage traduit de l'anglais.

Ce retour d'expérience illustre la nature du mécanisme : un dossier compétitif ne repose pas seulement sur une bonne technologie. Il dépend aussi de la qualité du cadrage technique, de la robustesse du modèle économique, de la stratégie de prix et de la capacité à démontrer que le projet sera financé, construit, mis en service et mesuré dans les délais.

Calendrier IF26 : quand faut-il démarrer ?

Les règles sont désormais connues. Il n'y a plus de raison d'attendre l'ouverture de l'appel pour lancer la préparation technique.

DateÉtape
22 mai 2026Publication des draft Terms & Conditions IF26
Mai et juin 2026Consultation publique écrite
24 septembre 2026Publication des Terms & Conditions finales (v1.0)
Décembre 2026Ouverture attendue de l'appel sur le portail Funding & Tenders
Février 2027 (indicatif)Clôture de la soumission
Avril à mai 2027 (indicatif)Évaluation et classement
Novembre 2027 (indicatif)Préparation et signature des Grant Agreements
Mai 2030 au plus tardClosing financier, pour un Grant Agreement signé en novembre 2027
Novembre 2032 au plus tardEntrée en opération, suivie de cinq ans de versements

Entre la publication des règles finales et la clôture indicative, il reste environ quatre mois et demi. L'IF25 a montré que le temps de préparation était le premier facteur limitant. Un bon dossier demande trois à cinq mois : collecte de données, modélisation, sélection technologique, offres fournisseurs, stratégie de prix, lettre d'intention bancaire, validation par le board et structuration financière. Les projets qui démarrent maintenant sont ceux qui pourront déposer un dossier complet.

Sources officielles et liens utiles

Les règles, documents d'appel, formulaires et conditions définitives sont publiés par la Commission européenne et CINEA. Cette page s'appuie sur les Terms & Conditions finales de l'IF26 Heat Auction (version 1.0 du 24 septembre 2026) et sur les résultats de l'IF25. Elle aide les industriels à comprendre les implications techniques et économiques du mécanisme, mais ne remplace pas les documents officiels : les documents de l'appel feront foi en cas de divergence, et les conditions d'éligibilité, dates, montants et règles de cumul doivent être vérifiés au moment de la candidature.

Liens utiles :

Vous avez un projet de chaleur bas-carbone ? Parlons-en simplement.

S'informer n'engage à rien. Nous avons mis à jour notre présentation vulgarisée de l'Innovation Fund Heat Auction sur la base des règles finales IF26 : paniers, prix, bonus, cumul d'aides, engagements et pièges à éviter. Vous pouvez nous la demander librement.

Si vous avez déjà une idée de projet, qu'il s'agisse d'une pompe à chaleur industrielle, d'une recompression mécanique de vapeur, d'une chaudière électrique ou de l'électrification d'un sécheur, d'une évaporation ou d'un réseau vapeur, nous pouvons réaliser un premier test d'éligibilité en 30 minutes, en call Teams ou lors d'une visite terrain. L'objectif est de vérifier si votre projet entre dans le cadre de l'IF26, dans quel panier, et d'identifier les points bloquants avant d'aller plus loin.

Demander la présentation IF26 Heat Auction

Tester l'éligibilité de votre projet en 30 minutes

FAQ

L'Innovation Fund Heat Auction est-il un subside d'investissement ?

Non. La Heat Auction verse une prime fixe par MWh de chaleur bas-carbone réellement produite, mesurée et vérifiée, pendant cinq ans après l'entrée en opération. Le mécanisme ne rémunère pas l'achat d'une technologie, et il exclut en principe toute autre aide publique sur le CapEx ou l'OpEx du même projet.

Un projet de pompe à chaleur à 90 °C peut-il candidater ?

Oui, depuis l'IF26, à condition d'atteindre au moins 5 MW thermiques et d'utiliser une pompe à chaleur de COP supérieur à 1,5, de la chaleur renouvelable directe ou de la chaleur nucléaire. Ce panier basse température, entre 80 et 100 °C, dispose de 100 M€. Les chaudières électriques et les résistances n'y sont pas éligibles.

Pourquoi les pompes à chaleur industrielles et la RMV peuvent-elles être compétitives ?

Parce qu'elles produisent plusieurs MWh de chaleur utile à partir d'un MWh électrique, ce qui réduit l'OpEx et donc la prime nécessaire. Avec un COP d'au moins 1,5, elles donnent aussi droit au bonus de classement de 25 % et lèvent la limite de 70 % des heures subventionnées.

Peut-on cumuler l'Innovation Fund avec un subside régional ?

Pas sur le même périmètre. Une aide régionale ou nationale à l'investissement ou à l'exploitation du projet est exclue. Les aides antérieures aux études, de la recherche au FEED, restent compatibles, de même que certaines compensations des coûts indirects ETS sous conditions. Il faut cartographier les aides tôt et choisir sa voie avant le dépôt.

Quand faut-il commencer à préparer un dossier IF26 ?

Maintenant. Les règles finales sont connues depuis le 24 septembre 2026, l'appel doit ouvrir en décembre 2026 et la clôture est indicativement attendue en février 2027. Un dossier solide demande trois à cinq mois de préparation : données de procédé, dimensionnement, offres fournisseurs, prix de soumission, lettre d'intention bancaire et validation interne.

Exergia garantit-il l'obtention du financement ?

Non. Aucun accompagnement sérieux ne peut garantir une sélection. Exergia aide à rendre le projet techniquement robuste, mesurable, crédible et compétitif dans une enchère européenne.