Contexte
Sur un site d’industrie lourde, un sécheur industriel fonctionnait historiquement au fuel lourd. L’installation assurait une fonction thermique importante du procédé, avec des contraintes fortes de disponibilité, de sécurité, de poussières, d’accès maintenance et d’intégration dans une ligne existante.
Le site a engagé un projet de conversion vers le gaz afin de substituer environ 49 GWh/an de fuel lourd par un combustible moins carboné, plus simple à piloter et mieux compatible avec les exigences actuelles d’exploitation. Le projet ne consistait pas à installer un équipement neuf isolé, mais à modifier une installation existante sans déstabiliser le procédé.
Exergia a été mandaté comme bureau d’ingénierie et AMO thermique pour accompagner le passage à l’exécution : note de calcul du sécheur existant et futur gaz, cahier des charges du nouveau brûleur, comparaison technique des offres fournisseurs et suivi des études PED, ATEX et HAZOP.

Changer de combustible sans déstabiliser le procédé
La conversion d’un sécheur du fuel lourd vers le gaz ne se résume pas au remplacement d’un brûleur. Les deux combustibles n’ont pas les mêmes caractéristiques de combustion. Les besoins en air comburant, les volumes de fumées, la dynamique de flamme, les températures atteignables, les séquences de purge et les sécurités doivent être repris.
Dans un procédé de séchage, ces paramètres conditionnent directement la stabilité thermique et la capacité de l’installation à maintenir le régime attendu. Une modification insuffisamment cadrée peut créer des écarts de température, perturber la régulation, déplacer les limites d’exploitation ou introduire de nouveaux risques.
Le projet devait donc être traité comme une conversion thermique complète : recalculer, spécifier, consulter, comparer, aligner les responsabilités et sécuriser les conditions d’exécution.
Note de calcul du sécheur existant et futur gaz
La première étape de la mission a consisté à reprendre le bilan de combustion du sécheur. Exergia a modélisé l’installation en situation existante au fuel lourd, puis en situation future au gaz, afin de comparer les régimes de fonctionnement et de vérifier la compatibilité avec le besoin thermique du procédé.
Cette note de calcul ne servait pas seulement à confirmer une puissance. Elle permettait de comparer les débits d’air, les fumées, les températures, les pertes, les hypothèses de combustion et les conditions d’exploitation. C’est sur cette base que le futur brûleur pouvait être correctement spécifié.

Sans cette étape, le risque aurait été de consulter les fournisseurs sur une base trop générale : puissance attendue, combustible gaz, adaptation mécanique. Or, dans une installation existante d’industrie lourde, un brûleur doit répondre à un besoin fonctionnel précis, avec des interfaces procédé, sécurité et exploitation clairement définies.
Cahier des charges brûleur et alignement des offres
Sur base de la note de calcul, Exergia a rédigé le cahier des charges technique du nouveau brûleur gaz. Le document a cadré les attentes relatives au régime de combustion, à la plage de fonctionnement, à la régulation, aux sécurités brûleur, aux interfaces avec l’installation existante, aux limites de fourniture, aux essais et aux conditions de mise en service.
Exergia a ensuite accompagné la comparaison technique des offres fournisseurs. Cette étape ne consiste pas à comparer uniquement des prix ou des puissances installées. Deux offres peuvent sembler proches, tout en reposant sur des périmètres différents : automatismes inclus ou non, instrumentation prévue, responsabilités sur les sécurités, interfaces gaz, essais, documentation, assistance à la mise en service.
L’alignement technique a permis d’identifier les écarts significatifs, de clarifier les limites de fourniture et de sécuriser les points à lever avant contractualisation. Cette phase réduit le risque de découvrir trop tard des zones grises entre fournisseur, exploitant, intégrateur et organisme de contrôle.
Suivi PED, ATEX et HAZOP
Le projet a également nécessité le suivi des études PED, ATEX et HAZOP. L’enjeu n’était pas de produire trois analyses indépendantes, mais de faire converger leurs conclusions vers un projet cohérent et exécutable.
La conversion vers le gaz impose notamment de verrouiller les séquences d’alimentation, de purge, d’allumage, de montée en régime, d’arrêt normal, d’arrêt d’urgence, de perte de flamme, de défaut de ventilation ou de perte d’alimentation gaz. Ces scénarios doivent être cohérents avec les sécurités brûleur, les automatismes, l’instrumentation, les conditions d’exploitation et les responsabilités de chaque intervenant.
Exergia a suivi ces analyses comme des outils de décision projet. Leur valeur réside dans les actions concrètes qu’elles génèrent : modifications techniques, interverrouillages, points de contrôle, limites de fourniture, procédures ou conditions à lever avant exécution.
Résultat du projet
Le projet a permis de structurer l’exécution d’une conversion fuel lourd vers gaz sur un sécheur industriel existant, avec une substitution énergétique de l’ordre de 49 GWh/an.
Exergia a apporté les éléments nécessaires pour sécuriser la décision et la mise en œuvre : note de calcul existant/futur, cahier des charges brûleur, analyse technique des offres, alignement fournisseurs et suivi des risques PED, ATEX et HAZOP.
Le passage au gaz réduit l’intensité carbone par rapport au fuel lourd et simplifie certains aspects d’exploitation, mais il ne constitue pas une décarbonation finale. L’intérêt du projet réside dans la réalisation concrète d’une transformation thermique sur installation existante, avec les exigences de calcul, de sécurité, de coordination et de terrain propres à l’industrie lourde.
Ce que montre ce projet
Ce projet illustre le rôle d’Exergia dans le développement et la réalisation de projets thermiques industriels. La performance ne dépend pas seulement du combustible choisi ou de l’équipement installé. Elle dépend de la qualité du recalcul procédé, de la précision du cahier des charges, de la comparaison des offres, de la maîtrise des interfaces et de l’intégration des risques dès la phase d’exécution.
Dans une installation existante, chaque modification thermique engage le procédé, l’exploitation, la maintenance et la sécurité. C’est précisément à cette interface qu’Exergia intervient : transformer une intention de modernisation énergétique en projet techniquement spécifié, comparable, sécurisé et réalisable.
FAQ
Peut-on parler de décarbonation dans un passage fuel lourd vers gaz ?
Il faut rester prudent. Le gaz réduit l’intensité carbone par rapport au fuel lourd, mais il reste un combustible fossile. Ce type de projet relève plutôt d’une substitution énergétique ou d’une modernisation thermique, avec un bénéfice CO₂ partiel, mais pas d’une décarbonation complète.
Pourquoi recalculer le sécheur avant de choisir un brûleur gaz ?
Parce que la combustion au gaz ne reproduit pas exactement le régime de combustion au fuel lourd. Les besoins en air, les fumées, les températures, la régulation et les sécurités changent. La note de calcul permet de vérifier que le futur brûleur répondra au besoin réel du procédé.
À quoi servent les analyses PED, ATEX et HAZOP dans ce projet ?
Elles servent à sécuriser la conversion dans son ensemble. Leur intérêt n’est pas seulement réglementaire : elles permettent de vérifier que les choix techniques, les séquences de fonctionnement, les sécurités, les automatismes et les conditions d’exploitation restent cohérents avant exécution.